LABORATOIRE CLASTIC > 16 FÉVRIER 2016

 

LABO/Clastic
Le texte contemporain et la marionnette sous toutes ses formes
Laboratoire d’expérimentation de formes dramatiques par la marionnette, l’objet, les matériaux.MARDI 16 FÉVRIER 2016 à 18h30

CHANTIERS DU 16 FÉVRIER
Trois auteurs – Matières à scènes.
SUIS-JE DONC…? 
de Julien DAILLÈRE
Par La Cie La Traverscène
« Là-bas au loin, à l’autre bout du monde qui peu à peu devenait immonde, une petite dame s’ennuyait. C’était une petite dame fluette. Mais qui avait reçu du monde l’aptitude à grossir. Et tout au
bout du monde, là-bas au loin où elle vivait si seule, elle entendit parler, un jour, d’une prophétie.
Cette prophétie annonçait la venue d’une femme qui pourrait se grossir de tout le mal du monde et faire ainsi le nettoiement qu’il fallait bien qu’on fasse. Une femme qui viendrait reventrer le mal, le refanter d’entre elle et faire ainsi de chaque mal un bien. Alors elle se sentit l’élue. Alors elle partit
repenter, repenter et repenter le monde entier. Et comme voyant le mal partout, finit par tout avaler.
Seulement voilà : comment l’en faire sortir ? »

Julien Daillère nous propose une lecture de son nouveau texte, « Suis-je donc… ? » à paraître aux Cahiers de l’Égaré.

LA NUIT – ÉTUDES
de Rémi DEULCEUX
Avec Rémi DEULCEUX, Guillaume LECAMUS et Clémentine WEST

La Nuit – Études répond à ma nécessité de poser des mots sur la situation du monde aujourd’hui. Cette torpeur généralisée, cette léthargie. Mettre des mots pour comprendre, pour circonscrire, pour agir à nouveau, pour réagir.

La nuit, c’est Blanchot, Mallarmé, Hegel, c’est les forêts sombres des contes, le romantisme du XIXème, les tableaux de C.D. Friedrich, la nuit c’est l’absence de certitudes, l’absence de déterminations, de contours, la nuit c’est le néant et le ciel étoilé, l’univers.La nuit qui effraie, qui fascine, la nuit avant et après le jour, début et fin de tout.

 »

L’homme est cette nuit, ce néant vide, qui contient tout dans sa simplicité : une richesse d’un nombre infini de représentations, d’images, dont aucune ne surgit précisément à son esprit ou qui ne sont pas toujours présentes. »  G.W. Hegel

HÉRAKLES 4
ou le Son du Rouge.

de et par Guillaume LECAMUS
« J’ai écrit le texte Herakles 4 ou le son du rouge pour le festival d’été de la Grange aux loups, Quand on parle du loup ; qui a donné lieu début août à une lecture publique avec le contrebassiste Eric Brochard.Je proposerai pour le Laboratoire une lecture « simple », à table, de ce texte, revisitation d’un des travaux d’Herakles.

Un homme chasse une bête au sein d’une nature sauvage entre voyage intérieur et expérience physique. »

CHRONIQUE CLASTIC n°17
par Rémi DeulceuxMémoire de laboratoire
Mardi 12 Janvier 2016
En présence de : Jason ABAJO, Mélissa BERTRAND, Rémi DEULCEUX, François LAZARO, Corinne LECONTE, Luis PEÑAHERRERA, Aurélie VILETTETextes de : Jean-Claude GRUMBERG, Michel AZAMA

Étoile extrait de si ça va, Bravo
de Jean-Claude GRUMBERG

Par Corinne LECONTE

Corine Leconte interroge à la fois l’écriture de Jean-Claude Grumberg et la technique de la ventriloquie. Elle s’empare d’extraits de Ni chaud ni froid, textes qui commencent tous par « Ca va ? » ou « bravo ! ». De ces mots banals découlent des échanges amusants et rythmés qui mettent en question la pertinence des formules toutes faites.Corine expérimente ces textes avec son personnage Matamata. Simples essais pour le moment, ajustages, mise en place d’un système pour l’entendre. En arrière plan un rêve, peut-être : un spectacle pour transmettre le répertoire de la chanteuse expressionniste Mariane Oswald.

Dissonances de Michel AZAMA
Par Jason ABAJOJason Abajo est en cours de montage du texte Dissonances, de Michel Azama: 20 textes de solitude à dire en choeur ou par une seule personne. Courtes séquences, de quelques lignes à trois pages. Cette matière à jeu forme l’image éclatée d’un regard porté sur nous-mêmes.

« Pas besoin d’être suicidaire ou dépressive ou je ne sais quoi pour penser que notre vieux monde est foutu. Qu’il ressemble de plus en plus à un film d’Hitchcock revu et aggravé par un malade mental. Je suis irréparable. C’est ça. On ne peut pas me réparer. Le monde est comme moi irréparable. Des choses ont lieu. On n’en guérira pas. On le sait. On vit avec. Quand même. »

Jason poursuit une piste économe, extrêmement radicale, convoquant, dans ces solitudes, un face à face  de l’interprète avec des présences de rien : des homoncules ou des dispositifs de papier à peine façonnés.

Chantier à suivre…

CARNET DE NOTES #8Nos cuisines.

Quand un projet commence, quand l’idée du projet affleure, quand je sais de quoi j’aimerais parler, ce sur quoi j’aimerais poser des mots, une curieuse mécanique se met en place.

Il y a cette injonction « il faut dire quelque chose ». Justifier ce qui est présenté parce que tout cela procède d’un travail, d’une réflexion. Nous ne sommes pas dans une émanation artistique qui sortirait du corps de son créateur malgré lui. Pas de transcendance mais un regard sur le monde qui se donne et qui, en cherchant une forme pour aller à la rencontre de l’autre, pose le cadre d’une pensée.

Il y a cette beauté, au moins théorique, du jaillissement. Un trop plein de vie, d’humain, quelque chose qui déborde, qui transcende, qui ne procède de rien d’autre que d’un acte. Comme un crachat qui nous échappe. Avec toute sa maladresse, sa forme avortée, son imprécision, sa nature incertaine. Avec son oubli de l’autre.

Il y a le dispositif de représentation. On ne se montre pas pour se voir être vu. On offre, on donne, ce qu’on peut, ce qu’on pense, une reflexion, quelque chose d’honnête qui pourrait faire vibrer, raisonner, créer les conditions d’un mouvement de la pensée, en chacun et en tous. Il y a cette tâche, cette fonction qui est la notre et qui nous oblige à la responsabilité, car tout ça peut être dangereux. L’art et la pensée.

Il y a l’espoir que ce qui est moi est un peu vous. Ce qui est vous, un peu moi. Qu’on se comprenne sans le savoir. Ce que je vis vous le vivez, vous l’avez vécu, vous le vivrez. Ou pas. Ou cela vous fera penser à autre chose. Mais c’est de l’humain, des bribes d’humanité dont on peut se saisir et qui portent en elle une nature commune à tous. Ce qui nous fait Un. Malgré tout.

Il y a la tentative constamment répétée de mettre de l’ordre dans un monde qui n’en possède aucun. Aucun sens préétabli, aucune vérité inscrite dans le marbre, sinon la certitude d’une perception. Je ressens, vous ressentez. Pour comprendre, il faudrait qu’on s’en parle. À nos questions, vos réponses, nos réponses, vos questions. Chacun détenteur d’un peu de ça, d’un peu de monde.

R.D.

​ACTUALITÉS
Vous pouvez aussi consultez les activités de nos partenaires :

Le Théâtre aux Mains Nues (Paris 20ème)
La Nef (Pantin)
Le Mouffetard – Théâtre des Arts de la Marionnette
Le Théâtre Jean Arp à Clamart
THEMAA
Le PAM portail des arts de la marionnette
LABORATOIRE CLASTIC 18ème année

L’utilisation de matières, d’objets, d’effigies, de marionnettes au théâtre, interroge et renouvelle les formes de l’interprétation et re-poétise la représentation dramatique. Qu’est-ce qui oeuvre au coeur de cette émergence et bouleverse la représentation ?

Le Laboratoire constitue un appel à projets permanent. Il se veut un moment, hors des obligations de production, pour explorer librement des formes d’interprétation, des pressentiments, des options, des pistes de travail, des entreprises fragiles. Il se veut aussi un lieu de redécouverte du théâtre par les objets et les corps artificiels.

Chaque mois, le laboratoire réunit interprètes confirmés, amateurs, metteurs en scène, auteurs, plasticiens et jeunes artistes. Chacun apporte et montre son travail. Il s’agit d’un jardinage collectif pour conserver au théâtre sa biodiversité naturelle.

Le Laboratoire est également un lieu d’auscultation du texte contemporain. Le théâtre a besoin d’auteurs, de dramaturgies fortes, de contenus à partager. Il ne peut se réduire à un simple moment de divertissement. Nous avons pensé, un moment, que la bataille des auteurs était gagnée. Il n’en est rien. La réalité de la diffusion théâtrale nous redit l’engouement du public (ou des diffuseurs ? ou des financeurs ?) pour les formes faciles, étonnantes, nouvelles, formelles, divertissantes.

Peut-on, doit-on, faut-il continuer ? A travers le temps, le Laboratoire fonctionne comme une porte ouverte à l’inconnu, parfois submergé, parfois désert. Il demeure un moment irremplaçable, comme un ostinato en musique, qui ne dit rien en soi mais maintient la tension. Le laboratoire est un lieu de résistance.

François Lazaro

Le Laboratoire Clastic est soutenu par le Ministère de la Culture DRAC d’Ile-de-France, la Région Ile-de-France, le Conseil Départemental des Hauts-de-Seine, et la Ville de Clichy-la-Garenne.

PROCHAIN LABO
MARDI 15 MARS 2016
N’hésitez pas à nous faire part de vos projets à expérimenter et à partager.
CLASTIC THEATRE
62, boulevard Victor Hugo, 92110 Clichy – Métro Porte de Clichy.
01 41 06 04 04 – clastic@clastictheatre.comwww.clastictheatre.com