LABORATOIRE CLASTIC > 9 DÉCEMBRE 2014

 

LABO CLASTIC
Le texte contemporain et la marionnette sous toutes ses formes
Laboratoire d’expérimentation de formes dramatique par la marionnette, l’objet, les matériaux.
Mardi 9 décembre 2014, à 18h30
au Clastic Théâtre,
Labo étape, labo épreuve d’artiste, labo défi,Labo étape, labo épreuve d’artiste, labo défi pour l’ensemble des artistes qui présentent leur travail, bien entendu, mais particulièrement, ce mois-ci, pour Rémi Deulceux. Au terme d’une résidence au Clastic Théâtre au titre du programme régional de résidence d’écrivain en Ile-de-France il a enregistré et sonorisé son écriture avec la complicité de plusieurs artistes. Il présente ce dispositif avec la volonté d’une immersion des assistants dans des voix.
François Lazaro.
Elle(s) dormait tranquillement là où Hécate a enterré ses chiens
de Rémi Deulceux
Forme n°11
Avec les voix de Pascaline Baumard, Myriam Cassan, Chloé Delaume, Rémi Deulceux, Aurélia Ivan, François Lazaro et Guillaume Lecamus.En résidence d’auteur au Clastic Théâtre depuis 11 mois, Rémi Deulceux nous livre une étape de travail sur le chemin du désir « d’immerger » le public et non pas de lui « donner à voir ».
(Cliquez ICI pour écouter et regarder les précédentes lectures)

La pièce, après s’être appelée Si l’être Salomé puis Passion Salomé, s’intitule aujourd’hui – Elle(s) dormait tranquillement là où Hécate a enterré ses chiens –Reprenant son écriture en profondeur, il nous livre un nouveau texte qui ancre plus solidement la pièce dans une réflexion politique. Le procès des Pussy Riot y côtoie désormais la convocation des voix d’Hérode, de sa femme Hérodiade et de Saint-Jean Baptiste.

Mon ange,
de Guillermo Rosales
Par Aurélia Labayle et Aurélie Vilette,Mon Ange est l’histoire d’un homme qui sombre. L’homme, William Figueras, est le double de l’auteur, Guillermo Rosales. Écrivain cubain, censuré, devenu fou, il échoue dans un « boarding home » de Miami, lieu de vie pour exclus de tous bords, entre enfer de Dante et nid de coucou.

Aurélie Labayle et Aurélie Villette, interprètes, passeuses et jumelles tentent de trouver une forme de représentation, pour servir, ce qui, à la base est un roman, Pour les aider : quelques objets qui parlent, un ukulele et un fauteuil cassé.Les labos de septembre et d’octobre ont permis de faire germer des intuitions, d’ouvrir des pistes. Le rendez-vous de décembre sera précédé d’une semaine de résidence au Clastic Théâtre, pendant laquelle Aurélie et Aurelia improviseront, sur les bases d’une première mouture de l’adaptation, de la présence des objets et du positionnement des interprètes en relation à ces objets.

Peinture : Jean-Michel Basquiat

Le Roi Béquille

Libre adaptation du texte de Laure Vallès
Cie Du vent dans la caboche (Florence Garcia, Damaris Daverio, Romain Le Gall Brachet)

Le Roi s’étant brisé les jambes lors d’une promenade à cheval, se voit contraint de porter des béquilles à vie. Ne supportant pas son infirmité, il décide d’embéquiller son peuple. Un nouvel ordre s’installe par la répression. La béquille devient un symbole de stabilité et de sécurité. De nouvelles habitudes s’installent, mais c’est toute la mémoire du peuple qui est mise en péril. Puis un jour, le Roi Béquille décède…

«Cette histoire, ainsi que la forme que nous avons choisie de lui donner au plateau, (conte, théâtre d’objets et de marionnettes) soulève des questions sur la représentation du pouvoir et les enjeux de son acceptation. Nous comptons sur le Labo du Clastic Théâtre pour nous éclairer sur les signes que nous présentons au plateau».

Projet soutenu par le Théâtre aux Mains Nues (Paris 20e), la Ferme Godier (Villepinte) – la Cie Issue de Secours

CHRONIQUE CLASTIC n°8
par Rémi Deulceux

Mémoire de laboratoire
Mardi 4 novembre 2014

En présence de : Julien Daillère, Rémi Deulceux, Isabelle Desalos, Sylvie Garreau, Sévil Grégory,
Clément Grimaud, Aurélia Labayle, François Lazaro, Claire Leconte, Aurélie Vilette.

Le Petit Poucet,
Conte ou biographie ?

En s’inspirant notamment de la version de Charles Perrault, Isabelle Desalos entreprend une nouvelle adaptation théâtrale du conte du Petit Poucet. À travers ce projet, elle souhaite s’adresser à la fois à un jeune public – en mettant en exergue la notion de conte initiatique – mais elle s’interroge également sur la résonnance que cette histoire peut avoir sur un public adulte.

Dans le cadre de ce labo, elle nous soumet un travail double : d’une part l’adaptation du texte en tant que telle, d’autre part une ébauche de proposition scénique.

La proposition scénique part d’un dispositif simple, le conteur est à la table et vient nous raconter son histoire qu’il va faire “revivre” devant nos yeux, par l’utilisation d’objets à sa disposition : des crayons, une lampe, son propre corps pouvant ainsi jouer sur les échelles. Le petit poucet n’est plus qu’un doigt face à l’ogresse à taille humaine quand un bras qui s’élève devient un arbre gigantesque.

Un des axes de cette adaptation est la modification du statut du conteur : il n’est plus une personne extérieure à l’histoire mais le petit poucet lui-même qui vient se rappeler et nous raconter son histoire. Isabelle Desalos extrait le conte de son seul univers fantasmagorique pour l’ancrer davantage dans une forme de réalisme.

Ainsi les figures “monolithiques” du conte deviennent des personnages, avec leurs états d’âme, leurs regrets, leurs réflexions, par l’insert de commentaires dont nous fait part le Petit Poucet conteur.

Ce parti pris interroge alors la résistance du conte fait d’allégories à l’épreuve du récit de vie. Deux formes littéraires semblent se confronter devant nos yeux – le conte face à la biographie – et nous questionne sur leur possible coexistence.

Le mystère demeure encore : à qui et pourquoi le Petit Poucet vient t-il nous raconter son histoire ? Ces questions constitueront donc une des réflexions sur la suite de ce projet.
Elle dormait tranquillement là où Hécate à enterré ses chiens,
Une nécessaire immersion.Poursuite du projet “Salomé” avec cette dixième lecture à deux voix – François Lazaro et moi-même. Cette dixième version propose une importante modification quant au texte lui-même : la retranscription brute des minutes du procès des Pussy Riot vient s’intercaler entre les différentes parties du texte.
Ces allers-retours entre un réel contemporain et le mythe biblique brouille les frontières tant entre les époques qu’entre réalité et fiction.La parole froide et technique du procès répond aux attaques contre Salomé – et contre la féminité en général – et renforce, il me semble, l’aspect ineluctable de la condamnation car le verdict doit arriver et le déroulé du procès ne laisse que peu de doutes quant à son résultat.

La parole de l’église et celle du tribunal se croisent et se confondent mettant en exergue le mélange des genres et l’impossible objectivité des différentes parties quand la foi est en jeu. On ne juge plus des délits mais bien le blasphème. La parole est petit à petit verrouillée par une obligation vis à vis de la Morale religieuse.

Les Pussy Riot comme Salomé deviennent des accusées face à leurs “victimes” et jamais aucune parole ne pourra venir les défendre. Leur condamnation est unilatérale, implacable et indiscutable.

Cette nouvelle version donnée en lecture, face public, souligne encore une fois la nécessité de voir le public immergé dans le dispositif scénique : si le verdict est joué d’avance alors les spectateurs doivent y prendre toute leur part. Car ce qui révolte est d’être partie prenante d’un procès – dont découlera la mort de Salomé – et de n’avoir jamais pu exprimer son opinion, de n’avoir jamais eu le droit à la parole, parole qui pourrait incarner ce qui manque à ce tribunal : un contre-point et de ce fait une égalité de traitement entre les victimes d’une souffrance morale et les victimes du système judiciaire et de l’institution religieuse.

​ACTUALITÉ

Vous pouvez aussi consultez les activités de nos 4 partenaires, Lieux Marionnette d’Ile-de-France :
Le Théâtre aux Mains Nues (Paris 20ème)
La Nef (Pantin)
Le Mouffetard – Théâtre des Arts de la Marionnette
Le Théâtre Jean Arp à Clamart

THEMAA
Le PAM portail des arts de la marionnette

LABORATOIRE CLASTIC – 15ème année

L’utilisation de marionnettes et d’objets, interroge et renouvelle les formes de l’interprétation et re-poétise la représentation au théâtre. Qu’est-ce qui oeuvre au coeur de cette émergence et bouleverse la représentation ?

Le Laboratoire constitue un appel à projets permanent. Il se veut un moment, hors des obligations de production, pour explorer librement des formes d’interprétation, des pressentiments, des options, des pistes de travail, des entreprises fragiles. Il se veut aussi un lieu de redécouverte du théâtre par les objets et les corps artificiels.

Chaque mois, le laboratoire réunit interprètes confirmés, amateurs, metteurs en scène, auteurs, plasticiens et jeunes artistes. Chacun apporte et montre son travail. Il s’agit d’un jardinage collectif pour conserver au théâtre sa biodiversité naturelle.

Le Laboratoire est également un lieu d’auscultation du texte contemporain. Le théâtre a besoin d’auteurs, de dramaturgies fortes, de contenus à partager. Il ne peut se réduire à un simple moment de divertissement. Nous avons pensé, un moment, que la bataille des auteurs était gagnée. Il n’en est rien. La réalité de la diffusion théâtrale nous redit l’engouement du public (ou des diffuseurs ? ou des politiques ?) pour les formes faciles, étonnantes, nouvelles, formelles, divertissantes.

Peut-on, doit-on, faut-il continuer ? A travers le temps, le Laboratoire fonctionne comme
une porte ouverte à l’inconnu, parfois submergé, parfois désert. Il demeure un moment irremplaçable, comme un ostinato en musique, qui ne dit rien en soi mais maintient la tension. Le laboratoire est un lieu de résistance.

François Lazaro

Le Laboratoire Clastic est soutenu par le Ministère de la Culture DRAC d’Ile-de-France, la Région Ile-de-France, le Conseil Général des Hauts-de-Seine, la Ville de Clichy-la-Garenne et la SACD.

PROCHAIN LABO
mardi 20 janvier 2015

N’hésitez pas à nous faire part de vos projets à expérimenter et à partager.

CLASTIC THEATRE
62, boulevard Victor Hugo, 92110 Clichy – Métro Porte de Clichy.
01 41 06 04 04 – clastic@clastictheatre.comwww.clastictheatre.com