LABORATOIRE CLASTIC > 8 DÉCEMBRE 2015

 

LABO CLASTIC
Le texte contemporain et la marionnette sous toutes ses formes
Laboratoire d’expérimentation de formes dramatiques par la marionnette, l’objet, les matériaux.
MARDI 8 DÉCEMBRE à 18h30
QUAND ON ENTEND, VOIT-ON ? QUAND ON VOIT, ENTEND-T-ON ?
« Quand on s’écoute, c’est pas de la littérature qu’on entend » Daniel Lemahieu
Le Laboratoire poursuit son exploration d’un territoire théâtral désincarné, objectivé, formalisé avec, plus que jamais, la préoccupation des textes dramatiques, des auteurs d’aujourd’hui, de leurs écritures, de leurs mots,  des espaces entre les mots et des images qu’ils font naître. Avec aussi la préoccupation  des mots précis, des gestes précis, de l’archéologie de nos langues et de nos actes, d’y voir clair un peu et d’entrevoir, par des fentes et des brèches, le monde, son horreur et sa joie.
François Lazaro
CHANTIERS DU 8 DÉCEMBRE

DISSONNANCES de Michel Azama
Par Jason ABAJO

« La décision de mettre en scène Dissonances de Michel Azama via le théâtre de marionnette et d’objet naît de mon expérience de deux ateliers dits de pratiques théâtrales suivis lors de ma licence d’études théâtrales à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Il s’agit de l’atelier d’écriture de Michel Azama et de l’atelier de marionnettes de François Lazaro.
Cette mise en scène sera pour moi un laboratoire où je pourrais à loisir expérimenter via des prismes : le texte, la marionnette, la musique et la lumière. Ces prismes sont des entrées pour l’expérimentation scénique, des carcans. Ainsi, dans ce laboratoire, je questionnerais la relation entre le marionnettiste et le comédien, la relation entre ces derniers et la marionnette et/ou à l’effigie, la relation entre le texte, la musique et la musique du texte, enfin, la relation entre toutes ces précédentes composantes et la lumière, point central qui crée le lien nécessaire entre le public et la scène.
Il s’agit pour moi de faire entendre les solitudes qui composent Dissonances mais ne dire que cela serait réducteur. Il s’agit, notamment grâce au texte mais aussi à l’intervention de la musique et de la lumière, de faire résonner des perceptions chez chaque individualité présente lors des futures représentations, chaque spectateur. »
DÉLIRE À DEUX (ET À TANT QU’ON VEUT) 
de Eugène Ionesco
Par Nicolas GOUSSEFF
Nicolas Gousseff continue son auscultation du texte d’Eugène Ionesco, chaises en main, chaises en corps, texte en chaise, corps en bouche, pour entendre ce qui se parle, ce qui se trame dans ce texte en apparence anodin.Vaudevile burlesque ou tragédie du couple,… ou tragédie de la langue une fois de plus, où s’engluent ELLE et LUI, dans l’impossibilité et de rester ensemble et de se séparer pendant que tout autour le monde se fait et se défait.

ÉVEIL (fragments).
de et par Rémi Deulceux

Rémi Deulceux, auteur associé au Clastic Théâtre, engage un nouveau chantier d’écriture. Après Elle(s) dormait tranquillement là où Hécate a enterré ses chiens, écriture aboutie la saison passée, il lit quelques uns des textes composant un projet  intitulé (pour le moment) ÉVEIL. 

« En haut de la première tour »,  « Mille cadavres d’oiseaux »,  Une idée de la fin du monde »,  « Duo de poupées »,… sont autant de tires énigmatiques dans la nuit profonde qu’il convoque.

CHRONIQUE CLASTIC n°15
par Rémi DeulceuxMémoire de laboratoire
Mardi 10 Novembre 2015
En présence de : Jason ABAJO, Béatrice BOUAULT, Djallil BOUMAR, Yohann CHANRION, Adèle COUËTIL, Rémi DEULCEUX, Clément DUPUY, Nicolas GOUSSEFF, Léonor ILITCH, François LAZARO, Blanche LORENTZ, Luc MERCIER.

La Mastication des Morts
De Patrick KERMANN

(Travail sur table d’Adèle COUËTIL)

Scène d’audition pour le conservatoire de Clamart, Adèle présente un extrait du texte de Kermann où le personnage disserte, seul, sur la nature exacte de la mort. Ou plutôt sur ce qu’elle n’est pas. Il ressasse. Personnage né d’un mouchoir, silhouette fragile et légère,  qui semble errer sur cette table dont il fait le tour, sans cesse.

Délire à Deux (et à tant qu’on veut)
d’EUGÈNE IONESCO 

(Par Nicolas GOUSSEFF)

La chaise, meuble de Ionesco par excellence, est ici l’objet du drame. Littéralement. Elles sont deux, une pour ELLE, une pour LUI, à porter l’action, la parole, elles vivent ou revivent la dispute de la tortue et du limaçon – est-ce ou non le même animal ? – parfois humanisées par leur démarche, parfois telles des blocs flottants, immobiles, d’autres fois encore traversées par des membres humains, une tête, un bras… Nicolas Gousseff explore à vue son dispositif. Il reviendra régulièrement nous présenter l’avancement de ce chantier.

L’Oggre et la Poupée 
De Daniel LEMAHIEU

(Par François LAZARO)

Après l’avoir monté en 2010 dans une version pour 3 interprètes et 2 musiciens, François LAZARO reprend le texte de LEMAHIEU dans l’intention de le porter seul en scène. Il repart de lectures  pour trouver les voix multiples dans la voix unique. Revenir à l’intérieur, plutôt qu’aux personnages, avatars d’un marionnetteur vieillissant. Tout ce à quoi il a fait semblant de donner la vie. MIMMO, sorte de GEPETTO trucculent, l’ogre HARPO, la poupée LILY, le doudou de la poupée KOUKI
CARNET DE NOTES #6« R.D. – La prochaine newsletter sera sur « L’art et l’horreur ».F.L. – Je ne suis pas certain qu’il failler parler de l’horreur.R.D. – Nous pourrions l’interroger. Je ne sais pas vraiment ce qu’il faut faire dans ces cas là.F.L. – Oui, je ne sais pas non plus mais je crains un conformisme à le faire plutôt que de faire consciencieusement notre tâche. Bien sûr, nous n’oublierons pas mais montrerons nous que cela peut détourner notre application à notre tâche ? Faire sera résister. À Mathausen, avec des marionnettes en mie de pain et à Sarajevo, ils montaient Shakespeare et le reste du théatre.R.D. – Faisons de l’horreur autre chose. Faire autre chose de. Peut-être ça. Transformer ce qui empêche de penser en pensée.F.L. – Nous ne pourrons pas faire de l’horreur autre chose. Plus, nous ne le devons pas. L’horreur doit rester l’horreur. Insupportable. Pendant que certains vont agir par les armes, la politique et l’administration, nous devons reconstruire à ‘lidentique avec en plus le sentiment de ceux que nous avons perdus.

R.D. – J’entends. Inventons avec l’horreur au coeur de. Au coeur de tout, l’horreur. Oh que c’est dur François. Elle ne peut pas disparaître l’horreur. Qu’faut bien faire avec . Même que ça fait mal. Mais pas le choix.

F.L. – Je préfère que cela fasse naître un texte, une pièce, une oeuvre plutôt que de la commenter dans le cadre de nos rendez-vous ouvriers. À l’horreur réelle opposons la fantaisie, la tolérance, la liberté qui leur font horreur. »

Alors continuons de créer, d’inventer sans cesse, sans relâche. Rions de plus belle, à gorge déployée, comme des bossus, comme des baleines, pissons de rire, mourrons de rire. Si l’horreur est humaine, l’art l’est tout autant.

 

​ACTUALITÉS​
​Origine/MondeLa dernière création de François Lazaro et Daniel Lemahieu continue son aventure de maison en maison. Posant la question de l’origine des gestes, de la marionnette et – peut-être – celle de l’humanité.« À la tombée du jour, avec quelques matériaux pauvres et un peu de lumière, François Lazaro réveille le vide obscur, fait apparaitre et disparaitre le monde, naître les gestes et les humains. Il explore à vue les rouages du théâtre et nous guide dans les coulisses de sa fabrication. »
Renseignements auprès de la compagnie : 01.41.06.04.04 ou clastic@clastictheatre.com

​ »C’est con ! »
NAISSANCE D’UN MOUVEMENT EN CORÉE

Le Cocobau Foundation Theater and Puppet Festival de Chuncheon, en Corée du Sud, vient d’organiser une première session nationale de formation professionnelle aux arts de la marionnette. Ce théâtre permanent et la ville de Chuncheon se sont rapprochés de l’ESNAM  (Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette) à Charleville Mézières, pour préparer l’ouverture d’une école de marionnette en Corée du Sud.A la suite d’une première Master Class dirigée par François Lazaro et en réactivité à la présentation du spectacle Origine / Monde, les stagiaires ont décidé de mettre en place un compte facebok portant le nom de l’une des répliques du spectacle : « c’est con ! », comme premier signe d’un engagement solidaire , d’un lien de communication et d’un désir de faire Laboratoire en réfléchissant et en travaillant ensemble régulièrement.Nous ne pouvons que saluer cet engagement. L’esprit du Laboratoire se propage.

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Vous pouvez aussi consultez les activités de nos partenaires :

Le Théâtre aux Mains Nues (Paris 20ème)
La Nef (Pantin)
Le Mouffetard – Théâtre des Arts de la Marionnette
Le Théâtre Jean Arp à Clamart
THEMAA
Le PAM portail des arts de la marionnette
LABORATOIRE CLASTIC 16ème annéeL’utilisation de matières, d’objets, d’effigies, de marionnettes au théâtre, interroge et renouvelle les formes de l’interprétation et re-poétise la représentation dramatique. Qu’est-ce qui oeuvre au coeur de cette émergence et bouleverse la représentation ? Le Laboratoire constitue un appel à projets permanent. Il se veut un moment, hors des obligations de production, pour explorer librement des formes d’interprétation, des pressentiments, des options, des pistes de travail, des entreprises fragiles. Il se veut aussi un lieu de redécouverte du théâtre par les objets et les corps artificiels.Chaque mois, le laboratoire réunit interprètes confirmés, amateurs, metteurs en scène, auteurs, plasticiens et jeunes artistes. Chacun apporte et montre son travail. Il s’agit d’un jardinage collectif pour conserver au théâtre sa biodiversité naturelle. Le Laboratoire est également un lieu d’auscultation du texte contemporain. Le théâtre a besoin d’auteurs, de dramaturgies fortes, de contenus à partager. Il ne peut se réduire à un simple moment de divertissement. Nous avons pensé, un moment, que la bataille des auteurs était gagnée. Il n’en est rien. La réalité de la diffusion théâtrale nous redit l’engouement du public (ou des diffuseurs ? ou des financeurs ?) pour les formes faciles, étonnantes, nouvelles, formelles, divertissantes.Peut-on, doit-on, faut-il continuer ? A travers le temps, le Laboratoire fonctionne comme une porte ouverte à l’inconnu, parfois submergé, parfois désert. Il demeure un moment irremplaçable, comme un ostinato en musique, qui ne dit rien en soi mais maintient la tension. Le laboratoire est un lieu de résistance.

François Lazaro

Le Laboratoire Clastic est soutenu par le Ministère de la Culture DRAC d’Ile-de-France, la Région Ile-de-France, le Conseil Départemental des Hauts-de-Seine, et la Ville de Clichy-la-Garenne.

PROCHAIN LABO
MARDI 12 JANVIER 2016
N’hésitez pas à nous faire part de vos projets à expérimenter et à partager.
CLASTIC THEATRE
62, boulevard Victor Hugo, 92110 Clichy – Métro Porte de Clichy.
01 41 06 04 04 – clastic@clastictheatre.comwww.clastictheatre.com