LABORATOIRE CLASTIC > 4 NOVEMBRE 2014

 

LABO CLASTIC
Le texte contemporain et la marionnette sous toutes ses formes
Laboratoire d’expérimentation de formes dramatique par la marionnette, l’objet, les matériaux.
Mardi 4 novembre 2014, à 18h30
au Clastic Théâtre,
Elle(s) dormait tranquillement là où Hécate a enterré ses chiens
de Rémi Deulceux
Forme n°10
Par Rémi Deulceux

En résidence d’auteur au Clastic Théâtre depuis 10 mois, Rémi Deulceux poursuit l’écriture et les hypothèses de représentation de sa prochaine pièce. (Cliquez ICI pour écouter et regarder les précédentes lectures)

Lors des deux derniers Laboratoires, Rémi Deulceux a présenté une version entièrement enregistrée et musicalisée, plaçant le public face à un mur nu, puis une version reposant sur une présence humaine frontale alternant lecture, actions rituelles et envoi de voix enregistrées. Reprenant son écriture en profondeur, il nous livre un nouveau texte qui ancre plus solidement la pièce dans une réflexion politique.

La pièce, après s’être appelée Si l’être Salomé puis Passion Salomé, s’intitulait le mois dernier Elle dormait tranquillement là où Hécate a enterré ses chiens.
Ce mois voit apparaître un étrange pluriel qui ne s’accorde pas : Elle(s) dormait tranquillement là où Hécate a enterré ses chiens –

Le Roi Béquille
Libre adaptation du texte de Laure Vallès
Cie Du vent dans la caboche (Florence Garcia, Damaris Daverio, Romain Le Gall Brachet)
Le Roi s’étant brisé les jambes lors d’une promenade à cheval, se voit contraint de porter des béquilles à vie. Ne supportant pas son infirmité, il décide d’embéquiller son peuple. Un nouvel ordre s’installe par la répression. La béquille devient un symbole de stabilité et de sécurité. De nouvelles habitudes s’installent, mais c’est toute la mémoire du peuple qui est mise en péril. Puis un jour, le Roi Béquille décède…

«Cette histoire, ainsi que la forme que nous avons choisie de lui donner au plateau, (conte, théâtre d’objets et de marionnettes) soulève des questions sur la représentation du pouvoir et les enjeux de son acceptation. Nous comptons sur le Labo du Clastic Théâtre pour nous éclairer sur les signes que nous présentons au plateau».

Projet soutenu par le Théâtre aux Mains Nues (Paris 20e), la Ferme Godier (Villepinte) – la Cie Issue de Secours

CHRONIQUE CLASTIC n°7
par Rémi Deulceux

Mémoire de laboratoire
Mardi 14 octobre 2014

En présence de : Rime Ateya, Adama Camara, Yohann Chanrion, Manuel Congreta, Julia Correia, Rémi Deulceux, Sévil Grégory, Clément Grimaud, Aurélia Labayle, François Lazaro, Romain Le gall Brachet, Claire Leconte, Stéphane Michaux, Diana Ospina Diaz, Jean-Pol Stercq, Aurélie Vilette, Monia Zidane.

Mon Ange,
du huis clos à l’immensité de l’extérieur.

Aurélia Labayle et Aurélie Vilette poursuivent leur exploration et leur adaptation scénique du roman Mon ange de Guillermo Rosales dont elles nous avaient présenté les premières ébauches lors du précédent laboratoire.

Si le fauteuil qui servait à la figuration des différents personnages de ce roman a pour le moment quitté la scène, la piste des objets, d’une forme « d ’objétisation » de ces même figures, est toujours au coeur de leurs interrogations. Chaises, Tube de médicament, boîte de conserve, instruments de musique servent tour à tour à évoquer un lieu ou à symboliser un des protagonistes. Le duo travaille tant sur la fonction d’usage de ces objets que sur leur capacité d’évocation. Ainsi le tube de médicament, utilisé en tant que tel devient un des patient du « boarding home » dans lequel évolue William Figueras.

Là où, lors de la précédente présentation, elles avaient exploré l’idée d’un duo de conteuses, de passeuses de textes, elles se confrontent désormais à leur propre solitude, chacune essayant de s’approcher au plus près d’une certaine incarnation : elles font vivre, elles donnent à voir les personnages évoluant dans cet univers, elles suggèrent parfois par un mouvement de main, par une voix modifiée mais elles se laissent traverser tant par les personnages que par les lieu. Un saxophone dont on joue devient alors à lui seul l’extérieur, la ville avec ses accents jazzy.

Ainsi leur exploration avance, elles nous proposent davantage de texte. Nous quittons pour la première fois le boarding home. Nous entrons un peu plus dans le parcours de William Figueras. Nous ne sommes plus dans le huis clos de la dernière fois. Cette ouverture, comme ce texte, nous propose un espace de possible qui laissera en suspens jusqu’à la prochaine présentation un « pourquoi ? ». Car ce qui reste au centre de ce travail est la raison pour laquelle ces corps de femme sur scène viennent nous raconter cette histoire qui semble résonner fortement chez les deux interprètes.

La suite au prochain Labo.

Mon Ange, Aurélie Vilette & Aurélia Bayle
Vierge aux néons, Elle dormait tranquillement…
Elle dormait tranquillement là où Hécate à enterré ses chiens,
Ou le corps comme un obstacle ?

Après m’être confronté à une absence totale d’interprètes sur scène où seule des bandes sonores donnaient à imaginer, faisaient vivre des personnages – ou ne sont-ce que des voix qui hantent l’espace – j’ai voulu essayer cette fois de proposer une présence. Mon corps en l’occurrence en « maitre de cérémonie » assumait à vue et face au public tant la mise en place du « rituel » que l’utilisation des voix enregistrées.

Ainsi il ne s’agit plus d’un lieu que peut investir le public, d’un dispositif au sein duquel il est manipulé, mais nous en revenons à une forme plus convenue de dispositif frontal. Cet homme tente de faire renaître le sacré dans un lieu qui n’y était pas destiné à renfort de musiques liturgiques, de bougies électriques, de vierges en néon. Il se réapproprie les objets du rite, dans une version qui évoque davantage qu’elle n’est. Il simule la solennité jusqu’à la faire naître sur des artefacts kitsch. Il part du détournement pour tenter d’y injecter la « vérité » du mythe, son essence.

Cette figure de guide, présente au même endroit et au même moment que le spectateur, réduit par beaucoup d’aspect le vertige que le vide pouvait susciter lors de la dernière présentation. Il est le rituel et tente d’y faire rentrer les participants mais il tend à incarner une sorte de gourou, celui qui veut devenir le maitre à penser, celui qui manipule la foule mais dont la proximité et la visibilité mettent en lumière sa trivialité.

Cette piste de travail, si elle ne me semble pas être la plus intéressante, permet de mettre à jour ce rapport entre le texte et l’incarnation, questionnement qui existe depuis le début : entre 0 et 100 comédiens, quel serait le juste nombre ?

Enfin sur le texte lui-même, le dévoilement de la nature du lieu (une église ?) ne doit sans doute pas avoir lieu dès le début. Où sommes-nous, d’où partons nous avant que cet endroit indéfini devienne un lieu de culte ? Comment le sacré surgit-il ? Et comment le public se laisse emporter dans cette célébration, porté par ce cérémonial ?

Je tenterai d’y répondre.

​ACTUALITÉ

Vous pouvez aussi consultez les activités de nos 4 partenaires, Lieux Marionnette d’Ile-de-France :
Le Théâtre aux Mains Nues (Paris 20ème)
La Nef (Pantin)
Le Mouffetard – Théâtre des Arts de la Marionnette
Le Théâtre Jean Arp à Clamart

THEMAA
Le PAM portail des arts de la marionnette

LABORATOIRE CLASTIC – 15ème année

L’utilisation de marionnettes et d’objets, interroge et renouvelle les formes de l’interprétation et re-poétise la représentation au théâtre. Qu’est-ce qui oeuvre au coeur de cette émergence et bouleverse la représentation ?

Le Laboratoire constitue un appel à projets permanent. Il se veut un moment, hors des obligations de production, pour explorer librement des formes d’interprétation, des pressentiments, des options, des pistes de travail, des entreprises fragiles. Il se veut aussi un lieu de redécouverte du théâtre par les objets et les corps artificiels.

Chaque mois, le laboratoire réunit interprètes confirmés, amateurs, metteurs en scène, auteurs, plasticiens et jeunes artistes. Chacun apporte et montre son travail. Il s’agit d’un jardinage collectif pour conserver au théâtre sa biodiversité naturelle.

Le Laboratoire est également un lieu d’auscultation du texte contemporain. Le théâtre a besoin d’auteurs, de dramaturgies fortes, de contenus à partager. Il ne peut se réduire à un simple moment de divertissement. Nous avons pensé, un moment, que la bataille des auteurs était gagnée. Il n’en est rien. La réalité de la diffusion théâtrale nous redit l’engouement du public (ou des diffuseurs ? ou des politiques ?) pour les formes faciles, étonnantes, nouvelles, formelles, divertissantes.

Peut-on, doit-on, faut-il continuer ? A travers le temps, le Laboratoire fonctionne comme
une porte ouverte à l’inconnu, parfois submergé, parfois désert. Il demeure un moment irremplaçable, comme un ostinato en musique, qui ne dit rien en soi mais maintient la tension. Le laboratoire est un lieu de résistance.

François Lazaro

Le Laboratoire Clastic est soutenu par le Ministère de la Culture DRAC d’Ile-de-France, la Région Ile-de-France, le Conseil Général des Hauts-de-Seine, la Ville de Clichy-la-Garenne et la SACD.

PROCHAIN LABO
mardi 9 décembre 2014

N’hésitez pas à nous faire part de vos projets à expérimenter et à partager.

CLASTIC THEATRE
62, boulevard Victor Hugo, 92110 Clichy – Métro Porte de Clichy.
01 41 06 04 04 – clastic@clastictheatre.comwww.clastictheatre.com