LABORATOIRE CLASTIC > 12 MAI 2015

 
LABO CLASTIC
Le texte contemporain et la marionnette sous toutes ses formes
Laboratoire d’expérimentation de formes dramatiques par la marionnette, l’objet, les matériaux.
MARDI 12 MAI 2015, à 18h30
au Clastic Théâtre
AUCUNE PRÉSENTATION N’EST PRÉVUE À CE JOUR MAIS LES PORTES DU CLASTIC THÉÂTRE RESTENT OUVERTES.
 

CHRONIQUE CLASTIC n°12
par Rémi Deulceux

La tempête jette
le monde par dessus bord
nage allègrement.

(Haïku Clastic)

Mémoire de laboratoire
Mardis 10 Mars & 21 Avril 2015
En présence de : Juliette BAILLY, Guillaume CHEVALIER Julien DAILLÈRE, Rémi DEULCEUX, Clément DUPUY, Françoise FRAISSE, Gwen GAUTIER, Fabien HENRIQUES, Raphaëlle LE BONNARD, François LAZARO, Claire LECONTE, Daniel LEMAHIEU, Danièle LEMAHIEU, Hamedy-Weya NEAN.
 

 

Monsieur Tout Froissé
Par Elzbieta JEZNACH

« Ce travail est né d’une lettre d’amour qui attend une réponse »

Ce que nous présente Elzbieta Jeznach semble être avant tout une curiosité autour de la matière papier, ses transformations possibles, froissé, plié, déchiré. Ses différents traitements, ses épaisseurs. Elle va puiser une inspiration chez Topor, dans des lettres, dans des dessins d’enfants aussi. Elle cherche devant et avec nous l’histoire que cette matière raconte. 

« Dans ma vie, j’ai rencontré plein de Monsieur Froissé »
 

 

Origine / Monde
Par François LAZARO

Il continue son exploration de l’histoire des gestes, l’origine. Sur scène, un comédien-marionnettiste se replonge dans 40 ans de pratique, retraverse des textes rencontrés sur le parcours (Beckett, Maupassant…).
Où sont les larmes ? Qu’est-ce qui rit ? Qui s’embrasse ? Ces questions qui reviennent et nous forcent à nous interroger sur l’endroit où se déroule vraiment la fiction présentée. 
Quand les objets semblent prendre vie, d’où vient-elle ? De la matière ? Du manipulateur ? Ou est-ce à l’intérieur de nous que toute l’histoire se déroule ? 

 

La conférence sur la schizomorphophobie.
par Gwen Gautier.

Après être passé par la ventriloquie, Gwen Gautier s’est rapproché de la marionnette. Il nous propose une conférence-spectacle autour de la schizomorphophobie, néologisme désignant la peur de changer de forme, et de manière plus large, peur d’une forme de manipulation. Ici, le pantin Georges entre en débat avec son manipulateur pour savoir qui manipule qui, chacun revendiquant le pouvoir. Puis Georges à son tour va manipuler une nouvelle marionnette. Et le même jeu prend forme entre deux effigies.

 

 
Étape de recherche
Par Juliette BAILLY et Guillaume CHEVALIER

Pour la réalisation d »un clip vidéo, Juliette Bailly et Guillaume Chevalier sont venus demander quelques conseils de manipulation au Labo. 
Ils mènent un travail autour du thème de la peur et ont imaginé un personnage fait de cordes, entres tentacules et élément de constitution d’un corps. 

Plusieurs pistes sont évoquées, animation image par image ou stop motionsystème de fils pour manipuler à distance, fil de fer pour rigidifier.
Le tournage a eu lieu au début du mois d’Avril.
Peut-être une présentation lors d’un prochain laboratoire ?

 
CARNET DE NOTES #3

JE ET UN AUTRE, L’AUTRE EST EN JEU.

Plusieurs et plusieurs fois, le disent, le répètent. Une sorte de légende de la marionnette, ou un graal, c’est selon. Ce moment précis dans la vie d’un manipulateur où arrive l’autonomie de ce qui est manipulé. Elle n’arrive pas, évidemment mais, ils la perçoivent, comme un possible. Puis ils courent après, toute leur vie (je cite). L’ambition profonde, secrète donc tue : que l’objet aille de lui même, dirigé certes mais seul. Une disparition totale du manipulateur. L’homme de trop, l’homme à abattre. 

Qui manipule qui ? Lequel des deux sommeille en l’autre ?

Il y a quelque chose du démiurge dans la fonction de manipulateur. Ou quelque chose de l’exil. C’est hors de soi que doit naître l’interprétation. L’interprétation par délégation.

« … s’il râle c’est lui qui râlera, moi je ne râlerai pas, c’est lui qui mourra, moi je ne mourrai pas, on l’enterrera peut-être, si on le trouve, je serai dedans, il pourrira, moi je ne pourrirai pas, il n’en restera plus que les os, je serai dedans, il ne sera plus que poussière, je serai dedans, ce n’est pas possible autrement... » S.Beckett
 

Rémi Deulceux

ANIMER L’INVISIBLE
 

La fiction est autonome. Elle se meut, parle, geste selon ses propres normes. Cette fiction qui n’est que je ; qui n’est que jeu. Ça advient. Je disparais. « Je » disparaît. Par le jeu, je est autre, autrement, autrement dit. Cette présence m’étonne.
Pour reprendre le texte de Lemahieu: 

« Ici il y a, mais pourquoi y a t’il ? pourquoi y a t’il —il y a— ? Pourquoi y a t’il ici (désignant le plateau du théâtre) de l’illusion et là (désignant le public) de la conscience… peut-être même du plaisir ?« 

Voilà une question sans fond : où se niche l’émergence du dire, de l’écriture, du dessin par les corps ? A quoi sert la forme et comment doit être la forme pour être au plus près du dire ?
Il ne s’agit pas d’attendre l’illusoire autonomie du personnage, de la poupée ou de l’objet. Il s’agit plutôt d’attendre la venue de l’invisible, du mystère,… de la vie. Cette sensation de l’autonomie fictionnelle du corps que l’on sait inerte n’est que l’indice d’une justesse passagère de la forme, du son, du rythme, etc. Justesse de quoi exactement ?

Le voir n’est juste que s’il permet d’entendre. Si l’illusion de présence est si forte qu’elle me détourne de ce qui se joue, alors elle ne sert à rien. Ce que j’attends c’est qu’elle me déstabilise juste assez pour abattre mes défenses habituelles et me permette d’accéder à une autre perception de la réalité ou à une perception renouvelée d’un aspect de la réalité.
De même que nous ne parlons pas la langue mais que la langue nous parle, je quête par la justesse ce qui me dépasse et pourtant émane de moi, de nous.

De même que le frémissement du leurre à la surface de l’eau promet le gardon au pêcheur, l’effet de présence est un frémissement du réel qui nous indique sa proximité.
Je nomme ici réel, « ce que je voudrais mettre en jeu et que je n’aperçois que troublement ».

François Lazaro

 
​ACTUALITÉS

Pyka Puppet Estival
TEMPS FORT À L’ATALANTE (Paris 18ème)

S’il fallait une preuve de la vivacité des théâtres de marionnette, un nouveau temps fort y est consacré au théâtre de l’Atalante, du 4 au 11 juin. Vous pourrez y découvrir une programmation autour d’artistes, étrangers reconnus (Evguéni Ibrahimov, Stephen Mottram) ou francilien (Pierre Blaise, Grégoire Callies, Jean-Louis Heckel, François Lazaro)

Dans le cadre de ce festival, vous pourrez notamment assister au travail de trois directeurs de Lieu compagnonnage marionnette en Île-de-France (Le Clastic Théâtre, La Nef – Manufacture d’Utopies et le Théâtre aux mains nues), lieux dirigés par des artistes et des compagnies qui accompagnent de jeunes artistes en voie de professionnalisation ou des artistes confirmés dans leurs étapes de recherche. Ces lieux œuvrent pour une solidarité interprofessionnelle, des compagnons qui partagent leur pain et leur expérience, s’inscrivant volontiers dans la tentative et la recherche, contre une forme d’industrialisation des œuvres d’art.

Le Clastic théâtre y donneront à voir une reprise d’ Acte sans paroles 1 de Samuel Beckett, dans une mise en scène de François Lazaro et Aurélia Ivan, saluée par la critique :

REVUE DE PRESSE
France Inter
Toute la culture
La Revue du spectacle 

+PLUS D’INFOS+

Vous pouvez aussi consultez les activités de nos partenaires :
Le Théâtre aux Mains Nues (Paris 20ème)
La Nef (Pantin)
Le Mouffetard – Théâtre des Arts de la Marionnette
Le Théâtre Jean Arp à Clamart
THEMAA
Le PAM portail des arts de la marionnette

LABORATOIRE CLASTIC 16ème année

L’utilisation de matières, d’objets, d’effigies, de marionnettes au théâtre, interroge et renouvelle les formes de l’interprétation et re-poétise la représentation dramatique. Qu’est-ce qui oeuvre au coeur de cette émergence et bouleverse la représentation ?

Le Laboratoire constitue un appel à projets permanent. Il se veut un moment, hors des obligations de production, pour explorer librement des formes d’interprétation, des pressentiments, des options, des pistes de travail, des entreprises fragiles. Il se veut aussi un lieu de redécouverte du théâtre par les objets et les corps artificiels.

Chaque mois, le laboratoire réunit interprètes confirmés, amateurs, metteurs en scène, auteurs, plasticiens et jeunes artistes. Chacun apporte et montre son travail. Il s’agit d’un jardinage collectif pour conserver au théâtre sa biodiversité naturelle.

Le Laboratoire est également un lieu d’auscultation du texte contemporain. Le théâtre a besoin d’auteurs, de dramaturgies fortes, de contenus à partager. Il ne peut se réduire à un simple moment de divertissement. Nous avons pensé, un moment, que la bataille des auteurs était gagnée. Il n’en est rien. La réalité de la diffusion théâtrale nous redit l’engouement du public (ou des diffuseurs ? ou des financeurs ?) pour les formes faciles, étonnantes, nouvelles, formelles, divertissantes.

Peut-on, doit-on, faut-il continuer ? A travers le temps, le Laboratoire fonctionne comme une porte ouverte à l’inconnu, parfois submergé, parfois désert. Il demeure un moment irremplaçable, comme un ostinato en musique, qui ne dit rien en soi mais maintient la tension. Le laboratoire est un lieu de résistance.

François Lazaro

Le Laboratoire Clastic est soutenu par le Ministère de la Culture DRAC d’Ile-de-France, la Région Ile-de-France, le Conseil Général des Hauts-de-Seine, et la Ville de Clichy-la-Garenne.

PROCHAIN LABO
Mardi 16 JUIN 2015
N’hésitez pas à nous faire part de vos projets à expérimenter et à partager.
CLASTIC THEATRE
62, boulevard Victor Hugo, 92110 Clichy – Métro Porte de Clichy.
01 41 06 04 04 – clastic@clastictheatre.comwww.clastictheatre.com