LABORATOIRE CLASTIC > 17 FÉVRIER 2015

 

LABO CLASTIC
Le texte contemporain et la marionnette sous toutes ses formes
Laboratoire d’expérimentation de formes dramatiques par la marionnette, l’objet, les matériaux.
Mardi 17 février 2015, à 18h30
au Clastic Théâtre

Interpréter par la marionnette
Atelier de pratique théâtrale

Institut d’études théâtrales de l’université Paris 3 Sorbonne nouvelle
projet Agamemnon , de Rodrigo Garcia (Extrait)
Théo Arnulf, Paul Bruna-Rosso.

Durant le premier semestre 2014 – 2015, François Lazaro a animé cet atelier de pratique qui s’est finalisé, en janvier, par un stage de 5 jours au Clastic Théâtre. Certains étudiants, engagés dans d’autres formations théâtrales ou des emplois durant cet inter-semestre, présentent une étape de travail, en décalé, au Laboratoire.
Théo Arnulf de face, Paul Bruna-Rosso de dos.…..
Carnet de création: Origine / Monde
Aperçus de la prochaine création de François Lazaro et Daniel Lemahieu
Avec la complicité de Danièle Lemahieu et Rémi Deulceux
Spectacle gesticulé avec matériaux recyclés et morceaux oubliés (morceaux de monde, d’être, de théâtre, de pratique) pour retrouver la naissance des gestes du théâtre.
Mains de François Lazaro……………………Main droite de Daniel Lemahieu…………………….Mains de Danièle Lemahieu.

Au théâtre, par quel mystère pouvons-nous projeter autant de significations, de fraternité, d’empathie sur une boîte en carton que l’on fait bouger ? Comment se fait-il que la boite en carton qui parle sur scène soit si présente ? Comment se fait-il qu’elle parle ? Comment se fait-il que je lui voie des mains, un ventre, un regard ? Comment se fait-il que je sois ému à l’intérieur de moi ? Comment fait-elle pour me parler à l’intérieur de moi ?Sur le chemin d’un spectacle-manifeste, François Lazaro entrouvre la porte de sa fabrique intime, pour partager quelques unes de ses certitudes et incertitudes, au terme d’une résidence de deux semaines avec son complice, l’écrivain de théâtre Daniel Lemahieu. Les deux hommes spécialistes du théâtre de, avec, les matières, les objets, les pantins, les marionnettes, les mannequins, les prothèses, ont décidé de mettre en actes la somme de leurs observations, intuitions, sensations, notes de travail sur le sujet.Partant d’une forme théâtrale de conférence-démonstration, François Lazaro explore à vue les rouages du théâtre, avec quelques matériaux pauvres, et nous guide dans les coulisses de sa fabrication. Gestes épars et idées flottantes.

CHRONIQUE CLASTIC n°10
par Rémi Deulceux

La tempête jette
le monde par dessus bord
nage allègrement.

(Haïku Clastic)

Mémoire de laboratoire
Mardi 20 janvier 2015

En présence de : Candice Adam, Isabelle Desalos, Rémi Deulceux, Clément Dupuy, François Lazaro, Clément Navarro, Hamedy-Weya Nean, Eugénie Thierry.

Isabelle Desalos
Interpréter par la marionnette
projet Pinocchio , de Joël Pommerat (Extrait)
par Candice Adam, Clément Navarro, Eugénie Thierry.
Petit précis de manipulation à l’usage des gens d’étude. Le laboratoire s’est ouvert ce jour sur la présentation de fin de stage de trois élèves de Paris 3 Sorbonne Nouvelle qui se sont attaqués au conte de Pinocchio, dans la version de Joël Pommerat.
Ils proposent un dispositif marionnettes à gaine et castelet.Moi, Poucet !
Adaptation et interprétation par Isabelle DesalosL’avènement des choses.Isabelle Desalos est de retour au laboratoire pour poursuivre l’exploration de son adaptation du Petit Poucet.Elle interprète le rôle d’un Poucet narrateur/conteur, un Poucet qui dit « je » et qui fait le récit d’un autre « moi », qui est à la fois spectateur et acteur de son propre récit mais qui interprète à son tour le rôle de ses parents qui sont ici figurés par des éléments simples (une casquette pour le père, une paire de lunettes pour la mère).Le dispositif propose cette fois-ci une multitude d’objets et figurines : Poucet est devenu une marionnette à gaine, ses frères de petits Playmobil® interchangeables, l’ogresse un buste de poupée monté sur une lampe de chevet, l’ogre une vieille chaussure baillante (ou serait-ce une des bottes de sept lieues ?).

Différentes échelles se côtoient dans ce travail : humaine par l’intervention du conteur comme personnage, celle de Poucet qui est ici la plus grande des choses utilisées, celle des frères hauts de dix centimètres. Ces confrontations produisent un trouble qu’il nous semble nécessaire d’éclaircir. La « démesure » de Poucet en comparaison de ses frères peut être lue comme une preuve de sa maturité, de son intelligence mais peut aussi lui donner un aspect effrayant, quasi dévorateur – l’image de l’ogre imprégnant cette histoire.
De la même manière, le rapport entre l’ogresse et l’ogre pose question puisque la première décrit le second comme étant aussi grand qu’une montagne et qu’il se révèle finalement bien plus proche du sol qu’elle. Faut-il y voir une volonté de ridiculiser l’ogre et la menace qu’il fait planer ?

Le travail s’arrête aujourd’hui sur la découverte des petites ogresses, figurées par des poupées russes qui viennent pointer tout à la fois leur lien, leur unité au sein de ce monde d’ogre mais également la possibilité pour l’une d’entre elles de prendre une parole singulière qu’elle adressera à Poucet avant que celui-ci ne quitte le château.

Carnet de notes #1

PROPORTION, substantif féminin.

1. Rapport de grandeur entre les parties d’une chose, entre l’une d’elles et le tout; au plur., combinaison des différents rapports, des dimensions relatives entre les parties et le tout.

« D’ordinaire, tout est dans la proportion, Et le petit est grand près du moindre, et l’arbuste, Si vous le comparez au brin d’herbe, est robuste »
(Hugo,Légende, t.3, 1877, p.388).

www.cnrtl.fr

Question sur l’importance de la proportion dans un théâtre de choses et sa signification.
Ébauche d’un dialogue et pistes de réflexion.

Il semble que la proportion soit garante de la projection du spectateur sur l’objet. Elle permet de créer une unité qui facilite « l’illusion théâtrale » et la rupture de cette convention d’échelle nous force à interroger le statut des personnages qui se révèlent alors dans toute leur nudité de chose.

Ce binôme Unité/Rupture peut également naître en regard de la nature même des choses utilisées. Il semble nécessaire de penser le lien que peut faire le spectateur entre deux objets qui renvoient une signification liée à leur usage quotidien. On comprendra facilement comment un couteau et une fourchette peuvent dialoguer mais qu’en serait-il d’un dialogue entre cette même fourchette et une pelle à poussière ? Nous avons l’intuition de rassembler les objets en « familles » et nous en constatons l’efficacité.
Comme dans l’organisation d’un orchestre, l’objet comme l’instrument peuvent-ils être utilisés pour le seul effet qu’ils produisent sans prendre en compte l’ensemble dont ils font partie et, au sein de cet ensemble, les rapports d’harmonies ou de dissonances qui se créent entre les différents éléments?

Rémi Deulceux

Le théâtre d’objet, de plus en plus séduisant pour les soli sur table, se trouble, perd ses racines, erre aux confins de l’interrogation tendue entre l’interprète et ses objets. S’agit-il d’un théâtre d’objet ? d’un théâtre des objets ? d’un théâtre avec des objets ? d’un théâtre par les objets ? D’un théâtre à travers les objets ? Quelle organicité est-il possible d’installer entre un texte et des objets ? Peut-on mêler plusieurs familles d’objets ? De même, peut-on mêler plusieurs esthétiques théâtrales (par exemple théâtre d’objet, théâtre de marionnette à gaine, théâtre de matières) ?
On pourrait, avec bénéfices, relire le Manifeste du théâtre d’objet, de Christian Carrignon.

François Lazaro

Pour mémoire :
« Katy Deville, co-fondatrice du Théâtre de Cuisine, a été la première à prononcer le terme de théâtre d’objet, il y a maintenant 25 ans. « Cétait par une nuit d’orage et nous étions avec Manarf et le Vélo Théâtre », se souvient Christian Carrignon, l’autre directeur artistique du Théâtre de Cuisine. Les trois compagnies cherchaient alors à nommer une forme de spectacle qui, à la fois, échappe au théâtre dramatique et se refuse à être une simple excroissance de l’art de la marionnette. Un théâtre où les objets ne seraient plus de simples accessoires, mais des signes esthétiques à part entière. Révolutionnaire ? Depuis 1913, date de l’invention du ready-made par Marcel Duchamp, on sait que l’objet manufacturé est capable de transfigurer le réel. En 1964, Andy Warhol avec ces fac-similés de boîtes Brillo (garnitures de savon en laine d’acier) enfonce le clou : l’objet banal et quotidien peut se métamorphoser en œuvre d’art. Depuis les musées et les galeries regorgent d’objets-concepts qui nous aident à penser le monde. Si le théâtre d’objet n’est pas dans une filiation directe avec les multiples courants de l’art contemporain qui jouent avec la force symbolique de l’artefact, les résonances n’en sont pas moins troublantes. En tout cas, ce théâtre-là a conquis sa légitimité esthétique, n’a cessé de se propager, de muter sans s’épuiser. Aujourd’hui, il participe pleinement d’un mouvement de transformation du langage scénique. Quant au Théâtre de Cuisine, même si les courants se sont multipliés et autonomisés, il est de fait dans le rôle du fondateur historique. « Certes, pour Christian Carrignon, Katy Deville et leurs amis, le concept de théâtre d’objet répond d’abord d’une expérience artistique et d’une expérience de vie. Mais, cette connaissance sensible et intuitive s’est structurée au fil du temps pour devenir une pratique. « Une marque de fabrique ».In Christian Carrignon – Les territoires du Théâtre d’objet
Par Frédéric Kahn
Source : archives du Théâtre Massalia

​ACTUALITÉ

Vous pouvez aussi consultez les activités de nos partenaires :
Le Théâtre aux Mains Nues (Paris 20ème)
La Nef (Pantin)
Le Mouffetard – Théâtre des Arts de la Marionnette
Le Théâtre Jean Arp à Clamart
THEMAA
Le PAM portail des arts de la marionnette

LABORATOIRE CLASTIC 16ème année

L’utilisation de matières, d’objets, d’effigies, de marionnettes au théâtre, interroge et renouvelle les formes de l’interprétation et re-poétise la représentation dramatique. Qu’est-ce qui oeuvre au coeur de cette émergence et bouleverse la représentation ?

Le Laboratoire constitue un appel à projets permanent. Il se veut un moment, hors des obligations de production, pour explorer librement des formes d’interprétation, des pressentiments, des options, des pistes de travail, des entreprises fragiles. Il se veut aussi un lieu de redécouverte du théâtre par les objets et les corps artificiels.

Chaque mois, le laboratoire réunit interprètes confirmés, amateurs, metteurs en scène, auteurs, plasticiens et jeunes artistes. Chacun apporte et montre son travail. Il s’agit d’un jardinage collectif pour conserver au théâtre sa biodiversité naturelle.

Le Laboratoire est également un lieu d’auscultation du texte contemporain. Le théâtre a besoin d’auteurs, de dramaturgies fortes, de contenus à partager. Il ne peut se réduire à un simple moment de divertissement. Nous avons pensé, un moment, que la bataille des auteurs était gagnée. Il n’en est rien. La réalité de la diffusion théâtrale nous redit l’engouement du public (ou des diffuseurs ? ou des financeurs ?) pour les formes faciles, étonnantes, nouvelles, formelles, divertissantes.

Peut-on, doit-on, faut-il continuer ? A travers le temps, le Laboratoire fonctionne comme une porte ouverte à l’inconnu, parfois submergé, parfois désert. Il demeure un moment irremplaçable, comme un ostinato en musique, qui ne dit rien en soi mais maintient la tension. Le laboratoire est un lieu de résistance.

François Lazaro

Le Laboratoire Clastic est soutenu par le Ministère de la Culture DRAC d’Ile-de-France, la Région Ile-de-France, le Conseil Général des Hauts-de-Seine, et la Ville de Clichy-la-Garenne.

PROCHAIN LABO
Mardi 10 mars 2015
N’hésitez pas à nous faire part de vos projets à expérimenter et à partager.
CLASTIC THEATRE
62, boulevard Victor Hugo, 92110 Clichy – Métro Porte de Clichy.
01 41 06 04 04 – clastic@clastictheatre.comwww.clastictheatre.com