PAN SUR LE SIDA !

Pan sur le SIDA est un spectacle d’intervention créé par le Clastic Théâtre, compagnie dramatique résidente à Clichy.

Ce spectacle est composé de plusieurs courtes séquences théâtrales interprétées par des comédiens qui utilisent des objets, des marionnettes, pour représenter les personnages

La fiction théâtrale et l’émotion qui s’en dégage permettent de semer des graines résistantes et vivaces pour faire naître des questionnements et des prises de conscience.

Le spectacle est suivi d’un échange-débat, avec les comédiens et des représentants des services de santé impliqués dans la lutte contre le SIDA et sa prévention (médecins, infirmières)

Cet échange permet de diffuser une information claire sur la prévention, de répondre à des questions, de débusquer des angoisses, de mettre en relation ceux qui savent et ceux qui ne savent pas.

Heureusement qu'il est mort 2

La marionnette contre le Sida.

La marionnette, l’objet, l’effigie, le pantin, par la transposition très claire, radicale et parfois « énhaurme » qu’ils proposent, permettent d’aborder les thèmes les plus aigus avec délicatesse, mais sans pourtant faire de détour ni occulter la réalité. L’émotion théâtrale, mieux que de longs discours peut dire le trouble, la souffrance, l’urgence et transmettre l’information.

 

Gainer un préservatif sur un objet transformé en personnage devient un acte joyeux mais clair qui ne garde rien du malaise ressenti lorsqu’on le gaine sur une prothèse en plastique.

 

La marionnette permet une transposition poétique mais aussi hautement évocatrice.

Ce théâtre touche par son inventivité et sa simplicité.

Si un dessin vaut mieux qu’un long discours, l’émotion donnée par la marionnette dans un spectacle vivant se révèle être une arme d’une rare efficacité pour éveiller l’émotion, provoquer la révolte, susciter les questions, laisser des traces.

 

N’oublions pas que le Guignol de notre enfance a toujours tapé, et de bon cœur, sur ce qu’il n’aime pas.PAN sur le SIDA !

 

Ce spectacle permet de parler du SIDA, de toutes les manières possible : tragique, grotesque, allusive, comique, poétique,… toujours touchante, à travers plusieurs formes brèves, avec des objets, des marionnettes et des formes insolites. Cet ensemble de brefs spectacles se joue partout, dans les écoles, les cafés, les lycées, les lieux associatifs…

 

Voici donc quelques courtes formes théâtralisées pour piquer la curiosité, créer l’émotion, amuser, intriguer, informer, susciter les questions, ouvrir le débat.

 

Le spectacle est réalisé à partir de textes d’auteurs contemporains, parce que les écrivains du théâtre d’aujourd’hui nous parlent bien d’aujourd’hui et qu’il y a urgence.

 

Marionnettes d’intervention dans la ville, les écoles, les associations, chez l’habitant, partout, pour lutter contre le Sida.

 

ACCOMPAGNER

 

Pan sur le Sida sème des graines et des interrogations que nous ne pouvons ni suivre dans la durée ni faire fructifier nous-mêmes.

 

Il nous est arrivé d’accompagner les représentations de la présence de médecins, délégués du Planning familial, responsables d’associations, travailleurs sociaux, etc. L’échange verbal qui suit s’en trouve renforcé d’une légitimité et d’une parole documentée, précise et qualifiée.

 

Il appartient à chaque structure d’accueil de mettre en place les relais nécessaires pour utiliser efficacement notre présence.


Formes brèves contre le Sida

 

« ça a rien à voir » de Thierry Dufourmantelle, par François Lazaro

Frankie est déjà très abîmé par la vie et par l’alcool. Il a des idées très arrêtées sur le monde et sur tout. Il se fait l’écho de toutes les rumeurs répandues à propos du SIDA, et qui aboutissent à l’exclusion et au rejet plutôt qu’à la prévention.

 

Clarisse et Marcel,: par Barbara Moreau et Aude Rivoisy. Une pochade guignolesque.

Deux marionnettes se rencontrent et font l’amour. Sans préservatif, la mort les pourchasse. Mais bientôt, avec un préservatif, c’est eux qui tapent sur la mort. Beaucoup de dynamisme pour un comique qui permet de taper dur et fort sur ce que l’on n’aime pas.

 

Dans le métro, de François Léonarte, par Barbara Moreau et Guillaume Lecamus.r

« Dans métro. 38 ans. Barbu. Ni beau ni laid. Châtain, yeux châtains. Santé générale : en principe « bon état ». Doit passer demain recevoir résultats test VIH hépatites C et B syphilis (centre dépistage) ».

 

Heureusement qu’il est mort, de Christophe Tarkos : par Barbara Moreau et Aude Rivoisy.

Deux personnages ponctuent, sans état d’âme, la disparition des proches et des inconnus en lisant le journal… « Heureusement qu’il est mort ! ». Mais eux aussi sont guetté par la … « disparition ».

 

Le bain (extraits) de Jean-Luc Lagarce : par Guillaume Lecamus

Un homme assis à une table sort des objets d’une boîte et se remémore les derniers moments amoureux passés avec son amant, en phase finale. Parlant du sida sans jamais le nommer, on entre dans une intimité où, sans pathos, l’étalage des objets témoigne de l’oubli d’une vie.

 

Le petit bal perdu, de Bourvil : par Pierre Gatineau

Deux marionnettes de chiffon enfermées dans du papier kraft se réveillent sous les paroles de la célèbre chanson de Bourvil. Un romantisme touchant. On pense à une rencontre amoureuse où la tendresse fait oublier les plus élémentaires protections, mais qui se terminerait mal (évidemment).

 

Le sida, ça n’existe pas : de et par Pierre Gatineau

Une marionnette à gaine s’exclame inlassablement : « le sida, ça n’existe pas ». Trois petits tours, une petite chanson et puis s’en va. Elle revient, toujours affirmative, avec les membres en moins, puis la tête en moins… A la fin, il ne reste qu’un peu de poussière et cette voix qui s’obstine à ne pas y croire.

Un comique à répétitions qui fonctionne à merveille et donne un uppercut au visage de la bêtise.

 

Marteau et tenaille : par Cristiana Daneo et Bénédicte Holvoote

Soirée de drague, de désir, de séduction, de tendresse. Tout est en place pour que la vigilance s’abaisse. Mais c’est sans compter sur nos attachants et pétillants objets (une tenaille et un marteau) qui perdent leurs inhibitions mais pas la tête ni le bon sens. Une leçon de choses illustrée et joyeuse.

 

Petits chaos, (extrait) de Roland Fichet : par Béatrice Boüault.

Une infirmière, en Afrique, raconte sa mort. Quand ses malades ont appris qu’elle aussi avait contracté le virus, ils l’ont battue à mort. La comédienne accroche des petits bonshommes en papier découpé comme une ribambelle au rythme des maladies et des décès. À la fin c’est son gant d’infirmière et sa main qu’elle pendra. Une forme qui fait résonner très fort la violence du texte.

 

Sida quoi ça, de Nicolas Bonneau : Par Guillaume Lecamus et Aude Rivoisy.

Deux cadres, côte à côte. Un grand et un petit. Le petit, isolé, renferme un petit personnage-préservatif isolé, enfermé. Dans le grand cadre, deux autres personnages, libres de tout mouvement, s’interrogent avec naïveté sur l’état du troisième, malade du sida. La scène est enlevée, ludique, remplie de fantaisie. Le rythme « ping-pong » du texte fait rentrer peu à peu dans un vrai questionnement sans rien perdre de la légèreté de la forme.