ACTE SANS PAROLES 1

ACTE SANS PAROLES 1

de Samuel BECKETT

ACTE SANS PAROLES 1

Un homme est projeté sur la scène, en plein désert. S’il essaie de sortir par les coulisses, il en est violemment rejeté. Il ne peut pas sortir de scène. Il ne peut s’y soustraire. Du haut, des cintres (du ciel ?), arrivent divers objets : un arbre, des ciseaux, une carafe d’eau, des cubes, un lasso. Malgré de multiples tentatives, il ne pourra jamais attraper la carafe d’eau. Il ne pourra rien saisir ni conserver. Son emprise sur le monde est de l’ordre du rien. Il ne peut plus sortir de scène. Même la mort lui est refusée.

L’homme marionnette de Acte sans paroles 1 est jeté au milieu d’un monde absurde, un monde d’illusions qui ne peuvent qu’être perdues. Il ne lui reste alors qu’à être le témoin de son propre échec et à reconnaître, dans cet échec, sa propre identité.

LA MARIONNETTE POUR BECKETT ?

75 ACTE s:PAROLES

Qui manipule ? Qui tire les ficelles ? Les métaphores de l’asservissement à une volonté plus grande et qui nous dépasse ne manquent ni dans la littérature ni dans la vie quotidienne. Pantin, fantoche, guignol, marionnette : l’homme est manipulé. L’acteur unique de Acte sans paroles 1 est ici interprété par un comédien, masqué par une sorte de sac en toile de jute (comme Buster Keaton l’est par un mouchoir dans Film, le film écrit et réalisé par Samuel Beckett lui même). Il fait fidèlement exécuter à sa marionnette les déplacements et les gestes répétitifs que Beckett a consignés dans les huit pages d’indications scéniques qui constituent la pièce. Le comédien fait jouer à l’effigie cette petite comédie de la vie qui aboutit au renoncement. Il a le sentiment d’être le maître de la représentation. C’est lui qui tient le sifflet, qui précipite la marionnette vers la coulisse et vers la chute. C’est lui qui tire les ficelles. Mais peu à peu la représentation le prend, lui aussi, au aussi au piège. L’acteur est condamné à la scène, le personnage à son espace théâtral, le personnage de Beckett est condamné au monde.

Le mot marionnette n’existe pas dans les didascalies de Samuel Beckett. Cependant le stratagème théâtral qui consiste à montrer la relation particulière qui se tisse entre l’interprète et sa marionnette, nous renvoie à l’essentiel : le rapport de l’être à ses voix et à ses images, au lent travail de la mémoire et de la conscience.

Avec l’effigie, cette identité fictive, le personnage, bien que joué par l’interprète est totalement détaché de lui, séparé, mis à distance, bien que relié. Alors, peuvent être mises en jeu toutes les relations confuses de ces corps (le réel et le fictif) entre eux.

Qui manipule qui ? Qui met en scène et qui joue ?
L’interprète et la marionnette sont aussi indissociablement liés que l’homme et son doute, la chair et la peau, le comédien et son personnage.

DISTRIBUTION

Mise en scène : Aurélia IVAN et François LAZARO

Scénographie et marionnette : Aurélia IVAN

Interprétation : Rémi DEULCEUX et François LAZARO

Production Clastic Théâtre, avec l’aide 
de la Ville de Paris, du Festival Paris-Beckett 2006 / 2007, du Grand Parquet
 (Paris).
 Créé le 9 novembre 2006 au Grand Parquet, à Paris, dans le cadre
 du festival Paris Beckett 2006/2007.

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LA PRESSE EN PARLE



« Saluons ce beau et étonnant travail qui mérite vraiment un large public. Celui-ci réalisera comment, avec souvent peu de moyens et beaucoup de savoir faire, les artistes tels François Lazaro et Aurélia Ivan nous transportent vers des horizons insoupçonnés. »

Novembre 2012 – France Inter – Guy Flattot

 Lire l’article complet : http://www.franceinter.fr/article-le-coup-de-coeur-de-guy-flattot


« Acte sans paroles 1, François Lazaro transcende Beckett en marionnette.
Attention chef d’œuvre (…) un geste d’une poésie rare .»

26/10/212 – Toute la culture.com – Amélie Blaustein Niddam

Lire l’article complet : http://toutelaculture.com/spectacles/theatre/acte-sans-parole-1-francois-lazaro-transcende-beckett-en-marionnette/


« Magnifique idée que d’avoir adapté au théâtre de marionnette ce mimodrame de Beckett, et l’on retient son souffle durant toute la durée de l’acte. »

27/10/2012 – Hippocampeassocie.com – Donatella Saulnier

Lire l’article complet : http://www.hippocampe-associe.com/categorie-12436537.html


« La puissance de fascination libératrice de la marionnette au service de Beckett
Avec Acte sans paroles 1, l’art de la marionnette met au service de Beckett toute sa puissance de fascination libératrice et révèle, de manière apaisante, comme un pied de nez au destin, l’humour ultime de l’artiste : Sisyphe de chiffon et de papier. »

28/10/2012 – La revue du spectacle.com – Jean Grapin

Lire l’article complet : http://www.larevueduspectacle.fr/La-puissance-de-fascination-liberatrice-de-la-marionnette-au-service-de-Beckett_a765.html


«La production est excellente. Beckett n’est
ni saboté ni édulcoré; pourtant les enfants de cinq ans jouissent de son
sombre, impénétrable travail.»

01/09/12 – The Financial Times – Alexander Gilmour

Lire l’article complet : http://www.ft.com/cms/s/2/57b2b648-f1c2-11e1-bba300144feabdc0.html
– ixzz27lyhsSeB


« Acte sans paroles I est un mimodrame écrit en 1956 par Beckett pour un personnage. Il est ici interprété par une manipulatrice (Aurélia Ivan) et sa marionnette à main qui exécute fidèlement les déplacements et les gestes répétitifs que Beckett a consignés dans les huit pages de didascalies qui constituent le corps même du texte. Ce conte aux accents kafkaïens, scandé par des coups de sifflets, comme autant d’actes divers, raconte « sans paroles » les tentations, les décisions, les actions et les résolutions d’un personnage en proie au désir de désirer, à la volonté de vouloir.

Au-delà de ses multiples tentatives sisyphéennes pour atteindre son objectif, posséder son 
objet et accéder à un nouvel état, le personnage constate son échec, physique 
et moral, est tenté d’en « finir encore » pour finalement commencer à renoncer, 
se résoudre à fuir les mirages des absolus qui se sont présentés les uns après
 les autres comme autant de leurres impossibles. Il assume alors, les mains 
nues, le courage d’être homme (« moi seul suis homme et tout le reste divin » 
dit Beckett dans L’Innommable).

La complicité entre la créature qui manipule et la très expressive marionnette de 
chiffon, qui essuie très philosophiquement les différents actes de cette leçon
 d’existence, brouille la frontière entre le marionnettiste et sa marionnette :
 d’abord parce que le manipulateur n’a pas une position de surplomb par rapport
 à sa créature, ensuite parce que son costume en fait une sorte de marionnette 
humaine, enfin parce qu’il semble que son bonheur semble indissociablement lié
 à la réussite de sa créature. C’est de cette complicité morale et de cette 
distance physique que naissent les nuances drolatiques et pathétiques d’un 
spectacle émouvant qui restitue si bien l’univers des formes brèves de 
Beckett ».

Janvier 2007 – Revue ÉTUDE – Yvon le Scanff