COMPAGNONNAGE

 

COMPAGNONNAGE COMPAGNONNAGE
NICOLAS GOUSSEFF EN RÉSIDENCE AU CLASTIC THÉÂTRE.
DÉLIRE À DEUX (et à tant qu’on veut)
de Eugène IONESCO
Par Nicolas GOUSSEFF

Premières représentations  au
Théâtre aux Mains Nues

du 27 au 31 janvier 2016
RELIRE IONESCO
Nicolas Gousseff entreprend une performance : l’auscultation du texte d’Eugène Ionesco, Délire à deux, avec deux chaises et son corps. Chaises en main, chaises en corps, texte en chaise, corps en bouche, il entremêle les corps pour entendre ce qui se parle, ce qui se trame dans ce texte en apparence anodin.Vaudeville burlesque ou tragédie du couple ?… ou tragédie de la langue, une fois de plus ? … où ELLE et LUI s’engluent, dans l’impossibilité et de rester ensemble et de se séparer, pendant que tout autour le monde se fait et se défait.Eugène Ionesco mérite d’être relu aujourd’hui, en oubliant les esthétiques des années 60 et 70 et la terminologie « théâtre de l’absurde » dans lesquelles il a été englué. Loin de l’absurde Ionesco nous parle avec beaucoup de finesse et d’humour d’un couple qui se terre chez lui ne veut pas voir, ne veut pas entendre, ne veut pas participer, pendant que la guerre et la paix, aussi dangereuses l’une que l’autre se succèdent à l’extérieur.
François Lazaro
POUR UNE INTERPRÉTATION PAR DÉLÉGATION DE « DÉLIRE À DEUX »
« Tout est permis au théâtre : incarner des personnages, mais aussi matérialiser des angoisses, des présences intérieures. Il est donc non seulement permis, mais recommandé, de faire jouer les accessoires, faire vivre les objets, animer les décors, concrétiser les symboles. »     Eugène Ionesco (expérience du théâtre, notes et contre notes, p 63)Je me propose d’interpréter « Délire à deux » dans une forme radicale, à savoir deux chaises qui figurent les personnages de LUI et de ELLE. Leur manipulation dans le phrasé du texte est un des premiers enjeux pour l’écoute du texte.
Le choix de la chaise au-delà de l’hommage à l’auteur « des chaises » est motivé par ce qu’elle représente comme empreinte du corps, la chaise vide de l’absent renforce incroyablement sa présence. Elle ouvre sur la temporalité du souvenir et à une mise en abîme des générations.
Il m’intéresse de pouvoir conjuguer dans l’espace scénique, signifié au plus simple, la présence figurée des personnages avec la possibilité d’intervenir physiquement sur la chaise pour donner lieu à leurs postures, faire corps dans l’image.Le fait d’assumer vocalement les deux personnages est une autre manière de s’en distancier, et faire apparaître le conflit comme l’entité première de cette tragi-comédie. Si ce couple nous renvoie, de façon universelle, à nos dérisoires querelles (situation de théâtre de boulevard), le conflit qui les anime prend une autre épaisseur avec l’intrusion de cette guerre extérieure et non expliquée qui se joue en parallèle. La porosité entre extérieur et intérieur donne à réfléchir.
Qui crée le conflit ? Qu’est-ce qui l’entretient ? Comment notre peur et l’enfermement qui s’ensuit l’activent-ils ?
La scène se répète indéfiniment selon le même schéma, d’un conflit sur le sens d’un mot qui annule au final toute possibilité de dire. Il est question du ressassement et de l’usure qu’il occasionne, et c’est dans le ressassement que nous nous rejouons nos discordes. De là surgit cette incompréhension étonnante de ce qui nous agit. L’auteur, dans ses notes, parle de sous réel, de l’actualité de l’inactuel, cet étrange mélange de l’étonnement d’être et de son angoisse.
Je recherche l’humour et le jubilatoire, dans cette réinvention de théâtre, pour nous restaurer de nos impasses, voire de nos désastres.Nicolas Gousseff

NICOLAS GOUSSEFF EN RÉSIDENCE AU CLASTIC THÉÂTRE.
Du 02 novembre 2015 au 16 janvier 2016, le Clastic Théâtre accueille Nicolas Gousseff en résidence, pour l’exploration et la réalisation du montage de  Délire à deux , un texte d’Eugène Ionesco.

Du 18 au 25 janvier 2016 Le projet sera en résidence au Théâtre aux Mains Nues.Six représentations seront présentées au Théâtre aux Mains Nues, du 27 au 31 janvier 2016.Le Clastic Théâtre est producteur délégué de ce projet.

François Lazaro accompagne Nicolas Gousseff dans la co-mise en scène du spectacle.

Le compagnonnage entre François Lazaro et Nicolas Gousseff est déjà ancien.
François Lazaro découvre Nicolas Gousseff en 1987, durant la première promotion de l’ESNAM. Il l’engagera par la suite sur plusieurs spectacles  (Entre Chien et Loup, Le rêve de votre vie, Paroles Mortes ou lettres de Pologne, de Daniel Lemahieu et dernièrement Des hurlements montaient le long des saules pleureurs, d’après l’œuvre de Francis Marshall ). Ils ont également créé ensemble et co-mis en scène Dormir, en 1998, un spectacle pour un corps humain et un tout petit lit, presque sans paroles, qui a déjà visité beaucoup de pays.

Coproduction : Théâtre Qui /Nicolas Gousseff, Théâtre aux Mains Nues, Clastic Théâtre.
Producteur délégué : Clastic Théâtre

 
CLASTIC THEATRE
62, boulevard Victor Hugo, 92110 Clichy – Métro Porte de Clichy.
01 41 06 04 04 – clastic@clastictheatre.com – www.clastictheatre.com​​